Installer du photovoltaïque permet de produire sa propre énergie. Mais pour aller plus loin, l’enjeu est de la consommer au plus près du lieu de production. C’est précisément ce que permet l’autoconsommation collective (ACC), un modèle encore récent mais déjà opérationnel sur certains territoires. Le petit-déjeuner Mécaloire du 4 décembre, accueilli par le Groupe VELKIA à Veauche, avait pour objectif d’en présenter les contours et d’illustrer son fonctionnement via un retour d’expérience local.
Photovoltaïque : un contexte en évolution rapide
En introduction, la matinée a permis de rappeler les évolutions du secteur : progression du photovoltaïque en France, nouvelles obligations de solarisation, baisse progressive du tarif de rachat et intérêt croissant pour les modèles d’autoconsommation. Ces éléments structurent aujourd’hui les choix des entreprises, qui cherchent à sécuriser leurs coûts tout en maîtrisant leur impact énergétique.
À ce titre, l’autoconsommation individuelle reste un premier levier important : consommer l’énergie que l’on produit permet de réduire sa dépendance aux fluctuations du marché. Mais l’autoconsommation collective apporte un prolongement intéressant dès lors que plusieurs entreprises situées dans un même périmètre souhaitent mutualiser un surplus ou un besoin.
VELKIA : un retour d’expérience concret
Le Groupe VELKIA, acteur ligérien de l’électricité industrielle et du génie climatique, a présenté sa propre démarche. L’entreprise a installé environ 100 kW de panneaux photovoltaïques sur son site, orientés est–ouest afin d’obtenir une production plus régulière dans la journée. Cette installation permet aujourd’hui un taux d’autoconsommation proche de 30 %, renforcé par la présence d’une flotte majoritairement électrique.
Au-delà de sa production propre, VELKIA est désormais engagée dans un projet d’autoconsommation collective avec plusieurs entreprises de sa zone d’activité. Cette démarche a nécessité la création d’une Personne Morale Organisatrice (PMO), l’établissement de règles de répartition entre participants et une collaboration étroite avec Enedis pour la gestion des flux via les compteurs intelligents.
Le principe est simple :
• l’entreprise productrice revend son surplus à un tarif intermédiaire,
• les entreprises voisines achètent une énergie locale à un coût inférieur à celui du marché classique,
• Enedis se charge de répartir automatiquement les volumes selon le cadre défini au départ.
Ce modèle permet à chaque participant d’optimiser sa facture, tout en créant une dynamique locale autour de la production d’énergie renouvelable.
Intérêt et conditions de réussite d’une ACC
La trentaine de participants au petit-déjeuner a ainsi pu comprendre les fondements et les atouts de l’ACC :
• le lien direct entre production locale et consommation locale ;
• un modèle économique qui s’équilibre entre acteurs ;
• une gestion automatisée grâce aux outils fournis par Enedis ;
• les conditions qui facilitent l’adhésion du voisinage (pédagogie, transparence, règles de départ).
VELKIA a également partagé quelques enseignements tirés de son expérience : l’importance d’expliquer simplement le fonctionnement d’une ACC, la nécessité de sécuriser le cadre juridique dès le départ et le rôle clé de la confiance entre entreprises voisines.
Des interventions complémentaires lors du petit-déjeuner mensuel Mécaloire
Les interventions de Mathieu Beaulaton (CAP ARA), Rémi Perrin (EDEL42) et Pauline Chanin Lambert (Wallace Technologies) sont venues compléter la matinée :
• CAP ARA a présenté les évolutions réglementaires en matière de conformité machines ;
• EDEL42 a rappelé les services gratuits d’accompagnement énergétique proposés aux entreprises ligériennes ;
• Wallace Technologies a partagé ses travaux sur les solutions de stockage thermique et l’optimisation énergétique.
Ces contributions ont donné un panorama utile du cadre technique, réglementaire et opérationnel dans lequel s’inscrit aujourd’hui la transition énergétique des entreprises.
Un modèle encore jeune, mais déjà opérationnel localement
En conclusion, Jérôme Teste, dirigeant du groupe VELKIA, a rappelé que l’autoconsommation collective reste un modèle en développement, mais dont les premières réalisations montrent déjà un potentiel significatif. À Veauche, les premiers résultats sont encourageants et démontrent que ce modèle peut être déployé à l’échelle d’une zone d’activité.
Cette rencontre a apporté aux entreprises présentes des clés de compréhension concrètes sur un sujet encore récent, mais appelé à se structurer rapidement dans les prochaines années.










