Le 5 mars dernier, plus de 80 dirigeants et représentants d’entreprises industrielles se sont retrouvés dans les locaux de Mecaconcept, à Roche-la-Molière, pour un petit-déjeuner consacré à la filière nucléaire. Organisée dans le cadre de Fusion 42, cette matinée avait pour objectif d’éclairer les entreprises du territoire sur les enjeux de ce secteur stratégique, la culture nucléaire et les opportunités qu’il peut représenter pour l’industrie ligérienne.
Autour de plusieurs interventions et témoignages d’entreprises, les participants ont pu mieux comprendre les spécificités de la filière nucléaire, ses exigences et les conditions d’accès à ce marché en pleine relance.
Une filière en forte dynamique
En introduction, Sébastien Nivet, dirigeant de Mecaconcept, a accueilli les participants en présentant les activités de son entreprise, spécialisée dans la conception de machines spéciales pour des problématiques industrielles hors standard. Une activité qui illustre bien la diversité des compétences industrielles présentes sur le territoire.
La matinée s’est poursuivie avec l’intervention de Baptiste Autin, président de Mécaloire et membre fondateur de Fusion 42, qui a rappelé le contexte actuel de relance du nucléaire en France.
Avec 57 réacteurs en exploitation sur le territoire et plusieurs projets de nouveaux réacteurs en préparation, la filière représente un marché industriel majeur pour les décennies à venir. La construction de nouveaux EPR, le maintien en condition opérationnelle du parc existant et les opérations de démantèlement génèrent des besoins importants pour l’ensemble de la chaîne de valeur industrielle.
Dans ce contexte, Fusion 42 a été créé pour structurer une dynamique territoriale autour du nucléaire et faciliter l’accès des entreprises ligériennes à ces marchés.
Comprendre la culture nucléaire
Moment central de la matinée, l’intervention de Stéphane Bataille, auditeur spécialisé dans les référentiels nucléaires, a permis de sensibiliser les industriels aux exigences spécifiques de cette filière.
Le nucléaire repose en effet sur une culture de sûreté particulièrement exigeante. Au-delà des compétences techniques, il s’agit d’intégrer dans l’organisation de l’entreprise des principes de rigueur, de traçabilité et de responsabilité collective. Chaque opération, chaque pièce produite et chaque intervention doit être documentée et contrôlée.
Un point essentiel a également été rappelé : la norme ISO 19443, référence pour les entreprises souhaitant intervenir dans le nucléaire, repose à près de 80 % sur les principes de l’ISO 9001. Les entreprises déjà engagées dans une démarche qualité disposent donc d’une base solide pour entamer cette transition.
Autre élément clé : le facteur humain. Dans la filière nucléaire, la sécurité repose aussi sur la capacité de chacun à adopter un “comportement interrogatif”. En cas de doute, il faut questionner, signaler et analyser. Cette culture partagée constitue un pilier fondamental de la sûreté.
Des témoignages d’entreprises pour démystifier la filière
Pour illustrer concrètement ces enjeux, plusieurs témoignages d’entreprises ont été présentés.
Eric Grangier, responsable commercial de la société IMS, a partagé l’expérience de son entreprise dans la structuration de ses processus afin de répondre aux exigences de la filière nucléaire, notamment dans la perspective d’une certification ISO 19443.
De son côté, Jacques Patras, (entreprise PSI), a retracé le parcours progressif de sa société dans ce secteur. L’entreprise a d’abord commencé par des prestations techniques ciblées avant d’élargir progressivement son périmètre vers l’assemblage, la conception et les calculs techniques.
Un témoignage qui a permis de rappeler un message important : l’entrée dans la filière nucléaire peut se faire progressivement, activité par activité, sans nécessairement engager immédiatement toute l’entreprise dans une certification complète.
Une chaîne de valeur riche en opportunités
La matinée a également permis de présenter la cartographie des acteurs de la filière nucléaire, réalisée dans le cadre des travaux de Mécaloire et désormais intégrée aux actions de Fusion 42.
Présentée par Chantal Hilaire et Lucie Vincendon, cette cartographie met en lumière la diversité des métiers et des activités liés au nucléaire : conception, construction, maintenance, fabrication d’équipements, gestion du combustible ou encore démantèlement.
Les grands donneurs d’ordre comme EDF, Framatome, Orano ou le CEA structurent cette chaîne de valeur, aux côtés de nombreux équipementiers et sous-traitants.
Certaines activités apparaissent particulièrement dynamiques. C’est notamment le cas de la maintenance du parc nucléaire existant. À titre d’exemple, les visites décennales prévues sur la centrale du Bugey devraient mobiliser près de 4 000 personnes dans les années à venir.
Fusion 42 : un accompagnement pour les entreprises
Enfin, Jean-Denis Garcin, chef de projet Fusion 42 à l’UIMM Loire, a présenté les missions et les actions portées par la structure.
Fusion 42 a pour ambition de rendre visible l’écosystème industriel ligérien auprès des acteurs de la filière nucléaire et d’accompagner les entreprises dans leur montée en compétence.
L’offre proposée s’articule autour de plusieurs axes :
- accès aux marchés et aux donneurs d’ordre,
- diagnostic stratégique et industriel,
- accompagnement vers les certifications,
- formation des équipes,
- innovation et accès aux financements.
Un programme d’événements et d’ateliers thématiques est d’ores et déjà prévu tout au long de l’année 2026 afin de permettre aux entreprises d’avancer progressivement sur ces sujets : sûreté, cybersécurité, performance industrielle, qualité ou encore financement des projets.
Autant d’initiatives qui témoignent d’une ambition collective : positionner les entreprises ligériennes au cœur des opportunités industrielles offertes par la relance du nucléaire.











































































































